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Contre la législation du don d’ovules pour les couples

25. mai 2022 – Répondre au désir d’enfant, contre la législation du don d’ovules pour les couples –     Berne, 25 mai 2022

 

L’interdiction actuelle du don d’ovules entraîne une inégalité de traitement par rapport au don de sperme qui lui est autorisé. Mais il y a de bonnes raisons à cela, car si le désir d’avoir un enfant en cas de stérilité de la femme est souvent au premier plan dans le débat, le don d’ovules comporte plusieurs problématiques, des risques et des conséquences.

 

Le Centre Femmes Suisse considère que s’il n’est aujourd’hui pas possible de protéger suffisamment les intérêts des parties prenantes les plus faibles (femme productrice d’ovules, enfant) par rapport aux possibilités matérielles et aux intérêts des parents d’intention et des cliniques de procréation médicalement assistée, il faut renoncer à légaliser le don d’ovules.

 

 

Intégrité physique et psychique des femmes donneuses d’ovules : La procédure médicale de prélèvement d’ovules n’est pas comparable à un don de sperme. Le don d’ovules implique une stimulation hormonale, une anesthésie générale pour l’extraction des ovules et une médication supplémentaire (par exemple, des antibiotiques). Les risques pour la santé doivent être communiqués aux femmes potentiellement donneuses d’ovules de manière transparente et dans toute leur ampleur, dans leur langue maternelle. Les éventuels effets sur la fertilité et l’augmentation du risque de cancer sont des facteurs critiques qui n’ont pas encore été suffisamment étudiés. Le nombre et l’intervalle des dons doivent encore être réglementés selon des critères médicaux.

 

Inégalités sociales et exploitation des femmes : Dans la pratique actuelle, le don d’ovules repose souvent sur des inégalités socio-économiques. Dans ce contexte, des femmes financièrement plus faibles effectuent un travail reproductif pour d’autres couples. Le don d’ovules est donc lié à la précarité, ce qui peut facilement conduire à l’exploitation des femmes.

En cas de légalisation, le don d’ovules doit être encadré par le droit du travail et indemnisé financièrement en conséquence. La compensation financière doit prendre en compte différents aspects : L’investissement financier, temporel et émotionnel ainsi que les risques physiques et psychologiques futurs pour la santé des femmes.

Intérêts financiers sur le marché de la reproduction : le marché de la médecine reproductive, et en particulier les cliniques de fertilité privées, est lié à des intérêts financiers massifs. La compensation pour les femmes productrices d’ovules est très faible par rapport aux bénéfices des cliniques de reproduction.

Il s’agit également de pouvoir répondre à toutes les questions relatives à l’importation d’ovules, à la protection des femmes productrices d’ovules, à l’accord international sur le don d’ovules et à la réglementation de tous les « détails » techniques et opérationnels.

L’importation d’ovules ne peut être accordée sans accords internationaux préalables, afin de s’assurer que les ovules importés n’ont pas été obtenus par la répression et l’exploitation.

 

Le don d’ovules est une solution technique à un problème de société : la demande accrue d’ovules de tiers résulte en premier lieu du fait que les femmes deviennent aujourd’hui mères plus tard. Outre une origine émancipatrice, cela s’explique aussi par un monde du travail peu favorable aux mères.

 

La production d’ovocytes dans le contexte d’une médicalisation plus large de la reproduction : outre le don d’ovocytes, les cliniques proposent également des procédures de diagnostic préimplantatoire ou des tests de portage génétique. Les grossesses ultérieures sont souvent plus fortement médicalisées (taux de césariennes plus élevés et médicalisation pendant la grossesse). Il est en outre important que la société discute largement de ce que la sélection de certaines personnes (trisomie, etc.) signifie pour la diversité dans la société.

 

Enfin, la garantie de l’anonymat constitue pour de nombreuses femmes une condition préalable pour être incitées à donner des ovules. Or, cela va à l’encontre du droit de l’enfant à connaître ses origines biologiques.

 

 

Le Centre Femmes Suisse ne peut donc soutenir la motion dans les conditions actuelles, mais est prêt à participer aux discussions nécessaires concernant les points cités ci-dessus. Nous sommes solidaires de toutes les mères, c’est pourquoi une solution plus complète est pour nous prioritaire.

 

 

 

 

Contact

Présidente Le Centre Femmes Suisse

Christina Bachmann-Roth

079 686 47 95

praesidentin@frauen.die-mitte.ch